La Mazda 6e marque l’entrée de Mazda sur le marché des berlines électriques de milieu de gamme. Il ne s’agit toutefois pas d’un modèle développé en interne, mais d’une déclinaison du modèle chinois Changan Deepal L07. La Mazda 6e est pourtant à peine reconnaissable comme modèle dérivé : l’équipe de design de Mazda a réalisé un travail remarquable. Cette berline à la fois sportive et élégante séduit par ses lignes nettes, sa ligne de toit fluide, ses portes sans cadre et son long capot. Le modèle d’essai, dans la finition haut de gamme Takumi Plus, offre un intérieur haut de gamme de couleur marron cognac, avec des sièges en cuir Nappa et en daim, des garnitures en velours ainsi que des matériaux de grande qualité. La finition et le toucher atteignent un niveau qui dépasse son prix attractif et même les normes élevées de Mazda.
L’espace disponible dans cette berline de 4,92 mètres de long est également convaincant. L’espace est généreux à l’avant comme à l’arrière ; seule la position assise un peu surélevée limite légèrement l’espace pour la tête, un compromis typique des voitures électriques. Le grand hayon rend le coffre pratique, mais il manque un double plancher de chargement. Le système d’infodivertissement basé sur la technologie Huawei fonctionne rapidement et s’utilise de manière intuitive. La commande vocale est en revanche une grande déception : elle ne comprend ni les destinations de navigation ni les appels de manière fiable, sonne artificiellement et, malgré l’ISA désactivé, émet trop d’avertissements dès 1 km/h avec une voix robotique. Dans l’ensemble, elle semble loin d’être un système prêt pour la production en série.

Une conduite stable, des systèmes d’aide à la conduite prudents
Cette berline sino-japonaise offre une conduite agréablement sereine. La suspension est confortable, tout en restant suffisamment ferme. Outre trois modes de conduite, un mode « Individual » permet de régler l’accélérateur, la direction et la récupération d’énergie. La sportivité ne fait toutefois pas partie des points forts de la Mazda 6e. La direction offre peu de réactivité et semble inhabituellement déconnectée pour une Mazda. En revanche, l’ESP contrôle la voiture à propulsion arrière avec maîtrise, sans intervenir de manière excessive. Le régulateur de vitesse adaptatif et l’avertisseur d’angle mort sont moins convaincants. Ce dernier signale étonnamment souvent, sans raison apparente, la présence de véhicules sur la voie de gauche de l’autoroute. Quant au régulateur de vitesse, il réduit parfois la vitesse de jusqu’à 15 km/h dans les virages en douceur. Cela semble inutilement prudent et ne correspond pas à l’impression de conduite par ailleurs harmonieuse.
Mazda propose la 6e en deux versions : la version testée associe une batterie de 68,8 kWh à une puissance de 190 kW et une puissance de recharge rapide théorique de 165 kW, mais n’a atteint que 80 kW environ lors du test. Il existe également la version Long Range, dotée d’une batterie de 80 kWh, d’une puissance de 180 kW et d’une puissance de charge de seulement 90 kW, disponible moyennant un supplément de 1 750 francs. On peut se demander pourquoi la batterie la plus grande est associée à une puissance de charge plus faible. La consommation mesurée lors du test s’est élevée à 21,1 kWh/100 km, ce qui correspond à une autonomie réelle d’environ 300 kilomètres. Pour une berline de cette taille, c’est plutôt peu.

Beaucoup de synergies, peu d’esprit Mazda
Au final, la Mazda 6e laisse une impression mitigée. Son design élégant, son habitacle haut de gamme, son système d’infodivertissement réactif, son grand confort de conduite ainsi que son prix attractif de 46 800 francs, équipement complet compris, constituent un véritable défi lancé à la concurrence. En revanche, on note un régulateur de vitesse adaptatif trop prudent, une commande vocale pratiquement inutilisable, une autonomie modeste et deux variantes de modèle dont la conception semble peu compréhensible. Le fonctionnement des essuie-glaces est également incompréhensible : en l’absence de touche « Favoris » librement programmable, leur activation n’est possible que via l’écran tactile. De plus, un bond soudain de la capacité restante de 10 à 2 % sur l’autoroute n’a pas vraiment inspiré confiance. Les partenariats et les synergies sont en principe judicieux, mais dans le cas de la Mazda 6e, il y a à mon goût trop de « badge engineering » et trop peu d’« esprit Mazda » dans l’ensemble. La 6e est de grande qualité et son prix est extrêmement attractif, mais elle semble étonnamment inachevée sur certains détails.













