La Ford Capri est injustement reléguée à un rôle de niche sur les routes suisses. Le fait que la Capri ne soit plus ce qu’elle était en termes de design ne devrait pas en être la raison – après tout, la Mustang Mach-E circule souvent sur nos routes. Contrairement à cette « jument » électrique, la Capri n’est toutefois pas une création originale de Ford, mais repose sur la VW ID.5. Si son design original ne laisse en rien présager cette filiation, celle-ci devient plus évidente à l’intérieur.
Une filiation avec VW évidente
L’habitacle présente quelques similitudes avec le groupe VW : les commandes au volant, les lève-vitres et la voix du système de navigation proviennent de Wolfsburg, contrairement à l’affichage des cartes. Pour le reste, la Capri affiche une personnalité agréablement originale. L’ergonomie est convaincante, tout comme l’espace généreux à l’arrière malgré la ligne de toit inclinée. Le système d’infodivertissement, au fonctionnement fluide, est facile à utiliser grâce à ses grandes icônes et se distingue par une commande vocale bien conçue. Pratique : l’écran tactile peut être incliné et cache même un compartiment secret derrière lui. Le coffre est typique d’un SUV coupé, mais offre suffisamment d’espace pour le quotidien.
L’habitacle bicolore donne certes une impression de haut de gamme, mais Ford utilise néanmoins beaucoup de plastique à l’intérieur. La finition est soignée, mais davantage d’éléments en tissu rendraient l’ambiance plus chaleureuse, d’autant plus que la barre de son Bang & Olufsen confère de toute façon une atmosphère de salon. Un peu plus de maintien latéral au niveau des sièges serait également souhaitable, même s’ils sont confortables et offrent même une fonction massage, bien qu’avec un seul programme.
Une tenue de route précise
Sur le plan technique, la parenté avec VW est étroite : la plateforme, la batterie et le groupe motopropulseur proviennent directement de Wolfsburg. Dans sa version la plus puissante, la Capri est donc comparable à la VW ID.5 GTX. Comme pratiquement toutes les voitures électriques modernes, la Ford offre une conduite agréablement silencieuse et souple. Les modes de conduite modifient nettement le caractère de la motorisation, allant d’une conduite presque léthargique à une conduite nerveuse. La principale différence par rapport à la VW réside dans le châssis non adaptatif, qui semble toutefois parfaitement adapté à chaque situation dans cette Capri au comportement vif.
Reste à savoir si cela tient à ce nom chargé d’histoire ou simplement au fait que Ford Europe aime régler ses châssis de manière plus ferme. Un fait est certain : la Capri offre une conduite agréablement précise et procure un réel plaisir de conduite. Elle réagit avec agilité aux mouvements de direction, offre une excellente adhérence dans les virages prolongés et, grâce à son réglage de base ferme, maîtrise bien l’inclinaison latérale. La répartition de la puissance est équilibrée, la tenue de route très neutre. Pour un SUV coupé, le châssis s’avère toutefois plutôt ferme, ce qui explique pourquoi des modèles comparables roulent parfois de manière plus douce et plus souple.
Moins chère que la VW
Le véhicule d’essai présenté ici, en version tout équipée, coûte environ 60 000 francs. Pour un SUV de cette taille, de cette puissance et de cet équipement, c’est un prix raisonnable, d’autant plus qu’une VW ID.5 GTX dotée d’un équipement comparable coûte environ 9 000 francs de plus. Au quotidien, la Capri ne présente pratiquement aucun point faible notable : elle offre une conduite agréable, dispose de beaucoup d’espace et séduit par un équilibre réussi entre confort et dynamique de conduite. La forte concurrence et la gamme de modèles récemment réduite contribuent sans doute à ce que la Capri passe jusqu’à présent plutôt inaperçue. C’est dommage, car au-delà de son nom chargé d’histoire, c’est un ensemble cohérent et sans aucun doute un modèle qui mérite qu’on s’y attarde.











