D’un point de vue technique, l’Abarth 600e Scorpionissima n’est pas une voiture électrique qui brille par ses innovations particulières. En revanche, elle s’adresse à un public intéressant : les passionnés d’automobile qui ne veulent pas renoncer au plaisir de la conduite sportive, même en électrique, sans pour autant dépenser une fortune. On voit déjà de loin que la 600e a envie de se faire remarquer. Il ne reste plus grand-chose de l’adorable Fiat 600, avec son avant agressif, ses ailes évasées et son grand becquet de toit. Les détails noirs et les élégantes jantes de 20 pouces font le reste. Avec la peinture voyante de notre voiture d’essai, l’Abarth attire définitivement tous les regards. Seul le petit scorpion avec un éclair sur l’aile trahit le fait qu’aucun moteur à combustion ne se cache sous le capot.
Des sièges de course, mais beaucoup de plastique
Dans l’habitacle, les sièges baquets Sabelt sont incontestablement les vedettes. Le dossier ouvert, le maintien latéral massif et le rembourrage ferme donnent presque l’impression que ces sièges ont été prélevés sur une voiture de sport nettement plus chère. À cela s’ajoute un tissu en microfibre haut de gamme. On est donc non seulement bien assis, mais aussi plutôt « cool ». La position assise est également agréable : malgré le format SUV, on se sent bien intégré à la voiture et on n’a pas l’impression d’être assis sur un siège surélevé.
Le reste de l’habitacle ne parvient malheureusement pas à maintenir ce niveau. « Mind the Scorpion » sur le tableau de bord est certes un joli détail, mais sinon, c’est surtout du plastique dur qui domine. Le toucher s’avère donc décevant, même si la finition ne donne tout de même pas lieu à des critiques. Un peu plus de qualité des matériaux et d’attention aux détails auraient toutefois fait du bien à l’Abarth. Et ceux qui prennent place sur la banquette arrière ne devraient pas non plus être très enthousiastes. L’espace y est assez restreint, tandis que le coffre ne brille pas non plus par sa capacité de chargement.

La « hot hatch » dont tout le monde rêve
Côté sensations de conduite, l’Abarth ne fait pas les choses à moitié. Ses jantes de 20 pouces, son empattement court et son châssis rigide et non adaptatif la rendent particulièrement inconfortable. Les irrégularités de la chaussée sont transmises sans filtre ; sur les routes en mauvais état, cette italienne cahote et rebondit allègrement. Si vous recherchez le confort, mieux vaut l’éviter à tout prix. En revanche, si vous recherchez une « hot hatch » électrique sans compromis, vous devriez être comblé : dure, fougueuse et extrêmement réactive. Pas de roulis, pratiquement pas d’inclinaison latérale, une direction agile et une réponse spontanée de l’accélérateur. Les 206 kW complets ne sont toutefois disponibles qu’en mode Scorpion Track. Il suffit alors d’appuyer à fond sur l’accélérateur et l’Abarth s’élance.
Contrairement à la 500e, un peu à la traîne, le déploiement de puissance est ici parfait : explosif et avec une accélération étonnamment constante. 206 kW, ce n’est certes pas une valeur colossale pour une « hot hatch », mais le couple élevé, la motorisation mordante et le poids relativement faible de 1 625 kilos font que la puissance semble nettement plus impressionnante que ne le laissent supposer les chiffres bruts.
Sa plus grande force ne réside toutefois pas dans la motorisation, mais dans la tenue de route. L’Abarth négocie les virages comme si la trajectoire idéale était tracée sur l’asphalte. Le différentiel à glissement limité mécanique sur l’essieu avant y contribue grandement et garantit que l’énorme couple soit effectivement transmis à la route. Le réglage des freins de la Scorpion Track est également particulièrement astucieux : la récupération d’énergie est complètement contournée lors du freinage. Cela nuit certes à l’efficacité, mais offre en contrepartie une sensation de pédale merveilleusement constante avec une contre-pression bien marquée. C’est exactement ce que doit procurer une Abarth sportive.

La déception de l’autonomie
Le plaisir a toutefois un énorme bémol : ceux qui conduisent l’Abarth comme il se doit atteignent rapidement une consommation moyenne d’environ 28 kWh/100 km. C’est beaucoup pour une voiture compacte, d’autant plus que la batterie n’a qu’une capacité d’environ 50 kWh. On peut donc compter de manière réaliste sur une autonomie d’environ 180 kilomètres ; avec une conduite sportive et sans vider complètement la batterie, cette autonomie tombe à environ 150 kilomètres. La puissance de charge de 100 kW ne fait d’ailleurs pas de la 600e un modèle à recharge rapide.
Il faut néanmoins rendre hommage aux Italiens : ils ont réussi à transformer un SUV électrique en une voiture de course électrique étonnamment dynamique. À 47’400 francs, la 600e ne coûte d’ailleurs qu’environ 3’000 francs de plus que la 500e, nettement plus petite, et son prix est donc étonnamment raisonnable. Malheureusement, la faible autonomie limite l’Abarth à un véhicule de loisir pour les trajets quotidiens, tandis que les longs trajets se transforment rapidement en véritable expédition. C’est dommage, car son potentiel en termes de dynamique de conduite serait énorme.














